Segolene Royal au Katorza le 01 octobre 2011

Nous avons reçu une invitation officielle de Terra Nova, le think tank du PS à venir assister à la venue de Ségolène Royal à Nantes dans le cadre des débats sur le projet des candidats à la présidentielle. Après réflexion et après avoir répondu que notre présence était un simple signe d’ouverture au débat aux organisateurs, et nullement un soutien, je me suis rendu avec François Marani au cinéma Katorza à 11h00.

Nous étions curieux de savoir à quelle séance de projection nous allions assister.. Nous n’avons pas été déçus.

Nous nous sommes retrouvés à côté de M Fallourd, le collaborateur parlementaire du député F De Rugy. La salle de cinéma regroupait un peu moins de 200 personnes, avec un public relativement âgé, et pour la plupart déjà acquis à la cause de leur mentor politique. Quel contraste avec 2006, lorsque la cité des Congrès était bondée lors sa venue au moment des primaires réservées aux seuls militants ! Mais il est vrai à l’époque, elle avait le soutien de JM Ayrault, qui a le don de toujours de prendre position pour le « cheval » le mieux placé dans les sondages.

Ségolène Royal est arrivée avec un peu de retard sur l’horaire prévu, ce qui n’a pas permis au public de pouvoir poser des questions à la fin , et notamment celles que nous avions prévues sur sa position sur l’aéroport. Où sont passés les fameux débats participatifs ?

Ceci dit quelques militants anti aéroport étaient là pour l’accueillir et lui remettre un tract bien approprié...

La question de l’aéroport  Notre Dame Des Landes a été mise sur la table par l’un des deux journalistes présents (AFP et Nouvel Observateur). A voir la tenue du débat et des invités présents, il n’y a pas de doute que tout le contenu du discours avait été murement réfléchi. Et là Mme Royal a lâché un scoop en mettant en doute le bien fondé de l’aéroport.

Voir l’article de Presse Océan : http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-Segolene-Royal-remet-en-cause-l-aeroport-de-Notre-Dame-des-Landes_dma-2005352_actu.Htm

Cette prise de position, trouve d’ailleurs une certaine cohérence par rapport au modèle de développement qu’elle propose basée sur la « croissance verte ». Autant dire que certains de ses partisans notamment M Mareshal fervent défenseur de la construction de l’aéroport ont du en avoir l’estomac retourné. A noter d’ailleurs que le responsable de la fédération 44 du PS, M Gralepois a quitté la salle à la suite de ces déclarations..

Au delà de la question de l’aéroport, ont été abordés les thèmes :

  • de l’entrepreneuriat et de la production locale dans les PME, thème central développé et sans doute inspiré des propositions de François Bayrou
  • de la morale publique et de la corruption : S Royal s’est d’ailleurs insurgée qu’un sénateur socialiste condamné pour abus sexuel soit toujours en place avec l’aval de la direction de la rue de Solferino.
  • de la place des citoyens dans la démocratie : les jurys citoyens proposition phare de 2007 sont revus et corrigés selon elle en « comités citoyens » ; ce dispositif serait complété par un organe de surveillance supplémentaire des engagements chargé de contrôler la mise en application des promesses électorales (composés de parlementaires de la majorité et de l’opposition).
  • de la place des sondages dans cette élection : la candidate s’est scandalisée du « lavage de cerveau » et du « matraquage » des citoyens organisé qui tendrait à imposer le choix d’un homme ou femme providentiel(le) face à Nicolas Sarkozy.
  • du problème des médias : elle considère que les débats lors la primaire socialiste n’ont pas été à la hauteur des enjeux et que globalement les médias agissent par « paresse intellectuelle »
Bref au vu de ses prises de position et des critiques à ses « amis » et « camarades » du PS,  il est judicieux de se demander pourquoi elle y a toujours sa carte. Voudrait t’ elle nous rejoindre dans notre combat pour plus de démocratie et plus d’exigences sur le plan économique social et environnemental ? 

Pour finir, nous avons pris connaissance du tract de Ségolène Royal avec ses 10 engagements à la nation; nous avons été étonnés du format qui reprend  le décorum de l’appel du 18 juin. Ségolène se prendrait t elle pour le Général de Gaulle ?

Ps : nous ne manquerons pas de vous fournir le lien vers la vidéo de ce moment mémorable dans la chronologie politique dès que celle ci sera disponible..

David Le Borgne,

MoDem section nantaise

 

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De gauche à droite : Patrick Boucheron, Jean Luc Hommeril, Isabelle Loirat, Franck Meyer, Ludovic Lorin, Sylvie Tassin, Sébastien Morel, Emmanuel Citté

Le soleil était au RDV pour la mobilisation du MoDem à Nantes, en soutien à la vigie citoyenne contre l’aéroport Notre Dame Des Landes.

Une vingtaine de militants ont pu interpeller les passants avec un Quiz sur leur connaissance de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique. Vous pouvez vous aussi vous tester  en y jetant un coup d’oeil !

Article de Presse Ocean le 13-02-2011
Article de Presse Ocean le 13-02-2011

L’actualité à tous les niveaux nous démontre régulièrement que les politiques sont souvent conduites en méprisant ou en méconnaissant l’avis des citoyens. Ce comportement ne fait que renforcer le fossé qui se creuse entre les électeurs et la classe politique.

Prenons ici 4 exemples qui engagent la vie des générations à venir, l’aménagement d’une région, d’une ville et la vie d’un quartier…

  1. La réforme des retraites : nous venons de vivre un épisode que certains considèrent désormais comme classique en France, mais qui fait de notre pays, une sorte d’exception dans les régimes dits démocratiques.Pour redorer son blason, le président de la République a choisi au lendemain des élections régionales de s’engager sur une réforme emblématique, celle des retraites, un terrain dit miné que seul lui serait capable d’affronter. Alors qu’une réforme est effectivement nécessaire et vitale pour maintenir notre pacte social, celle ci aurait nécessité la plus grande transparence dans sa concertation et son élaboration. Au lieu de cela, c’est l’épreuve de force avec le pays , avec les représentants syndicaux, avec les jeunes, avec les représentants de l’opposition qui a été choisie comme méthode de gouvernement. Le résultat final de la loi votée risque de n’être qu’un effet de manche supplémentaire car il faudra sans nul doute se remettre à l’ouvrage d’ici moins de 3 ans, aucun des véritables problèmes de fond n’ayant été traité… Une méthode réformiste aurait au contraire exigé de mettre chacun devant ses responsabilités, les partenaires sociaux, les différents corps intermédiaires, les partis politiques, et enfin les citoyens eux même.C’est pourquoi les démocrates s’il avaient été aux manettes, auraient eu le courage de mettre un projet de loi sur les retraites en débat lors d’un référendum. François Bayrou a eu l’occasion de le rappeler (voir lien)
  2. La construction d’un aéroport du grand Ouest : nous avons l’exemple typique d’un serpent de mer que nous trainons depuis 30 ou 40 ans avec un projet qui a été lançé par une poignée d’illuminés qui avaient à l’époque comme objectif principal de faire atterrir le Concorde à Nantes… Le projet a été remis au goût du jour depuis 10 ans sans qu’aucune étude préalable sur la pertinence à long terme n’ait été menée sérieusement. Il vise surtout à satisfaire l’égo de certains élus ou décideurs locaux comme l’a rappelé Benoit Blineau lors de son intervention à Nantes Metropole (voir lien). On nous dit que rien désormais ne fera plus obstacle au lancement des travaux, pas même la contestation citoyenne ou un collectif d’élus qui doutent de la pertinence de l’aéroport, voire même l’accumulation des dettes de l’Etat et des collectivités. Les électeurs auraient soit disant validé les choix opérés par leur confiance à des majorités dans les exécutifs favorables au projet. Or à chaque élection locale, les listes soutenant le projet nous font savoir pendant la campagne, que l’enjeu des élections n’a rien à voir avec l’aéroport Notre Dame Des Landes ; par ailleurs à l’intérieur de ces majorités, il subsiste souvent des oppositions, des contradictions. Pourquoi alors n’avoir jamais organisé là aussi une consultation des habitants dans les 2 régions principalement concernées les Pays de la Loire et la Bretagne ?
  3. Le transfert du CHU à Nantes sur l’ile de Nantes. Voilà bien un sujet qui est venu dans l’actualité locale depuis début 2010 par le simple fait du prince (notre maire « archiduc » de Nantes ) et de ses conseillers. Le sujet n’avait jamais été avancé dans le programme de « Nantes&Plus » dont étrangement on ne retrouve nulle trace ou référence. Pourtant nous savons toute l’importance que représente un CHU (le 1er employeur bien souvent) dans une ville et plus largement une agglomération comme Nantes Métropole. Là aussi, le bon sens aurait exigé de prendre en considération toutes les dimensions du problème (intérêt d’abord médical de regrouper ou non des services dans un même lieu, conditions d’accessibilité en centre-ville, prise en compte de l’avis de l’ensemble des parties prenantes). Les élus du MoDem ont réagi vivement à cette annonce pour demander l’instauration d’un véritable débat (voir lien)
  4. Des nouvelles infrastructures comme une médiathèque dans les quartiers à Nantes. La vie dans les quartiers ne peut être le seul résultat d’initiatives d’élus en place ; les quartiers représentent par excellence un lieu d’appropriation immédiat dans une démocratie digne de ce nom. Dès lors, vouloir apporter des améliorations dans un quartier comme Bellevue avec la construction d’une médiathèque est certes louable, comme vouloir offrir un service public de l’emploi. Pour autant si ces choix se font sans concertation des habitants, sans prise en compte de leurs conditions, sans volonté d’une co-construction habitants, élus, architectes, associations, ces projets conduiront soit à une sous utilisation des équipements, soit à leur dénigrement. C’est d’ailleurs tout l’enjeu du débat organisé par l’association «quartiers livres » le 17 novembre à 18h30 à la maison des habitants et du citoyen de Bellevue (Place des Lauriers) auquel le MoDem tient à apporter son soutien.

Au travers de ces différents exemples, on ne peut que constater un point commun : oser le dialogue, le dépassement des clivages habituels, pour résoudre les problèmes concrets, jouer la confiance dans l’expertise citoyenne et les corps intermédiaires, ceci demande certes du courage politique pour des élus en place, mais c’est la seule méthode qui puisse transformer le réel durablement, pour un mieux être et un mieux vivre ensemble .

Telle est dans tous les cas la conviction des démocrates !